Du poète écossais Robert Burns
(1759-1796), le poème intitulé Is There For Honest Poverty,
mieux connu sous le nom de A Man's A Man's for A' That.
Is there
for honest poverty
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Poésies complètes de Robert Burns, traduites de l'écossais par M. Léon de Wailly, Paris, 1843, LXI
Est-ce à
l'honnête pauvreté
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That hings
his head, an' a' that;
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À pencher
la tête, etc.?
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The coward
slave-we pass him by,
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Le lâche
esclave, nous le laissons de côté,
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We dare be
poor for a' that!
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Nous osons
être pauvres après tout.
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For a'
that, an' a' that.
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Après
tout, après tout,
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Our toils
obscure an' a' that,
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Malgré nos
travaux obscurs, etc.,
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The rank
is but the guinea's stamp,
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Le rang
n'est que l'empreinte de la guinée,
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The Man's
the gowd for a' that.
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L'homme en
est l'or, après tout.
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What
though on hamely fare we dine,
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Qu'importe
que notre chère à dîner soit grossière,
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Wear
hoddin grey, an' a that;
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Que nous
portions de la bure grise, etc.?
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Gie fools
their silks, and knaves their wine;
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Donnez aux
sots leur soie, et aux vauriens leur vin,
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A Man's a
Man for a' that:
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Un homme
est un homme après tout,
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For a'
that, and a' that,
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Après
tout, après tout,
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Their
tinsel show, an' a' that;
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Malgré
l'éclat de leur clinquant, etc.,
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The honest
man, tho' e'er sae poor,
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L'honnête
homme, si pauvre qu'il soit,
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Is king o'
men for a' that.
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Est le roi
des hommes après tout.
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Ye see yon
birkie, ca'd a lord,
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Vous voyez
ce jeune gaillard, traité de lord,
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Wha
struts, an' stares, an' a' that;
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Qui se
prélasse, et regarde fixement, etc.;
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Tho'
hundreds worship at his word,
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Quoique
des centaines de gens se prosternent devant sa parole,
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He's but a
coof for a' that:
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Ce n'est
qu'un sot après tout;
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For a'
that, an' a' that,
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Après
tout, après tout,
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His
ribband, star, an' a' that:
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Malgré son
ruban, son étoile, etc.,
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The man o'
independent mind
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L'homme
d'un esprit indépendant
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He looks
an' laughs at a' that.
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Voit tout
cela et rit de tout.
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A prince
can mak a belted knight,
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Un roi
peut faire un chevalier à ceinturon,
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A marquis,
duke, an' a' that;
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Un
marquis, un duc, etc.;
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But an
honest man's abon his might,
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Mais un
honnête homme dépasse son pouvoir,
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Gude
faith, he maunna fa' that!
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En bonne
foi, il n'y saurait parvenir!
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For a'
that, an' a' that,
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Après
tout, après tout,
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Their
dignities an' a' that;
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Malgré
leurs dignités, etc.,
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The pith
o' sense, an' pride o' worth,
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La force
du bon sens et la fierté du mérite
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Are higher
rank than a' that.
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Sont des
rangs plus hauts que tout.
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Then let
us pray that come it may,
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Prions
donc qu'il advienne,
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(As come
it will for a' that,)
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Comme il
adviendra après tout,
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That Sense
and Worth, o'er a' the earth,
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Que le bon
sens et le mérite, par toute la terre,
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Shall bear
the gree, an' a' that.
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Aient le
dessus, etc.!
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For a'
that, an' a' that,
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Après
tout, après tout,
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It's
coming yet for a' that,
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Il est
encore à venir après tout,
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That Man
to Man, the world o'er,
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Que
l'homme pour l'homme, dans le monde,
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Shall
brothers be for a' that.
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Soit un
frère après tout!
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"L'état d'esprit du soleil levant est allégresse malgré le jour cruel et le souvenir de la nuit. La teinte du caillot devient la rougeur de l'aurore" René Char, Les Matinaux"
dimanche 14 septembre 2014
"Après tout, après tout", c'est à l'Ecosse de décider!
En hommage aux Ecossais qui vont voter pour ou contre leur indépendance ce 18 septembre...
dimanche 7 septembre 2014
Booz endormi...
(...)
Tout reposait dans Ur et dans Jerimadeth ;
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre
Brillait à l'occident, et Ruth se demandait,
Immobile, ouvrant l’œil à moitié sous ses voiles,
Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été,
Avait, en s'en allant, négligemment jeté
Cette faucille d'or dans le champ des étoiles.
Victor Hugo, La légende des siècles, Booz endormi (extrait)
dimanche 31 août 2014
A la mémoire de Samih Al Qasim, décédé le 19 août 2014
Je résisterai
Par Samih Al Qasim, poète palestinien décédé ce 19 août.
Il était le frère en poésie de Mahmoud Darwich (dont j'ai publié un poème le 9 août dernier).
| Samih Al Qasim (debout) avec Mahmoud Darwich (source photo : Al Huffington Post) |
Je perdrai peut-être – si tu le désires – ma subsistance
Je vendrai peut-être mes habits et mon matelas
Je travaillerai peut-être à la carrière comme porte faix, balayeur des rues
Je chercherai peut-être dans le crottin des grains
Je resterai peut-être nu et affamé
Mais je ne marchanderai pas
O ennemi du soleil
Et jusqu'à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.
Je résisterai
Tu me dépouilleras peut-être du dernier pouce de ma terre
Tu jetteras peut-être ma jeunesse en prison
Tu pilleras peut-être l'héritage de mes ancêtres
Tu brûleras peut-être mes poèmes et mes livres
Tu jetteras peut-être mon corps aux chiens
Tu dresseras peut-être sur notre village l'épouvantail de la terreur
Mais je ne marchanderai pas
O ennemi du soleil
Et jusqu'à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.
Tu éteindras peut-être toute lumière dans ma vie
Tu me priveras peut-être de la tendresse de ma mère
Tu falsifieras peut-être mon histoire
Tu mettras peut-être des masques pour tromper mes amis
Tu élèveras peut-être autour de moi des murs et des murs
Tu me crucifieras peut-être un jour devant des spectacles indignes
O ennemi du soleil
Je jure que je ne marchanderai pas
Et jusqu'à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.
| Samih Al Qasim (source photo : Al Huffington Post) |
dimanche 24 août 2014
Hommage à la philosophe Simone WEIL, décédée le 24 août 1943
LA PORTE
Ouvrez-nous
donc la porte et nous verrons les vergers,
Nous
boirons leur eau froide où la lune a mis sa trace.
La
longue route brûle ennemie aux étrangers.
Nous errons sans savoir et ne trouvons nulle place.
Nous errons sans savoir et ne trouvons nulle place.
Nous
voulons voir des fleurs. Ici la soif est sur nous.
Attendant
et souffrant, nous voici devant la porte.
S’il
le faut nous romprons cette porte avec nos coups.
Nous
pressons et poussons, mais la barrière est trop forte.
Il
faut languir, attendre et regarder vainement.
Nous regardons la porte ; elle est close, inébranlable.
Nous regardons la porte ; elle est close, inébranlable.
Nous
y fixons nos yeux ; nous pleurons sous le tourment ;
Nous
la voyons toujours ; le poids du temps nous accable.
La
porte est devant nous ; que nous sert-il de vouloir ?
Il
vaut mieux s’en aller abandonnant l’espérance.
Nous
n’entrerons jamais. Nous sommes las de la voir.
La
porte en s’ouvrant laissa passer tant de silence
Que
ni les vergers ne sont parus ni nulle fleur ;
Seul l’espace immense où sont le vide et la lumière
Seul l’espace immense où sont le vide et la lumière
Fut
soudain présent de part en part, combla le coeur,
Et
lava les yeux presque aveugles sous la poussière.
Simone Weil, octobre 1941
dimanche 17 août 2014
samedi 9 août 2014
En hommage à Mahmoud Darwish, grand poète palestinien mort le 9 août 2008
Avec "Rita et le fusil", Mahmoud Darwish revient sur un amour d'enfance entre le jeune palestinien qu'il était et Rita, petite fille israélienne.
"Rita et le fusil" a été mis en musique et chanté par Marcel Khalifa.
Pour mieux connaître Mahmoud Darwish, l'écouter et écouter "Rita et le fusil" chanté par Marcel Khalifa :

http://onorient.com/mahmoud-darwich-1155-20130511
Entre Rita et mes yeux : un fusil
Et celui qui connait Rita se prosterne
Et adresse une prière
A la divinité qui rayonne dans ses yeux de miel
Moi, j'ai embrassé Rita
quand elle était petite
Je me rappelle comment elle se blottit tout contre moi
Et comment sa belle tresse couvrit mon bras
Je me rappelle Rita
Comme un oiseau se rappelle son étang
Ah Rita
Entre nous mille oiseaux, mille images
Et d'innombrables rendez-vous
Criblés de balles
Dans ma bouche, le nom de Rita prenait un goût de fête
Dans mon sang, le corps de Rita était une danse
Deux ans durant elle a dormi sur mon bras
Nous prêtâmes serment autour du plus beau calice
Et nous brûlâmes
Dans le vin des lèvres
Et ressuscitâmes
Ah Rita
Qui a pu éloigner tes yeux des miens
Hormis le sommeil
Et les nuages de miel
Avant que le fusil ne se mette entre nous
Il était une fois
O silence du crépuscule
Ma lune a disparu au petit matin
Dans les yeux de miel
Et la ville
A balayé tous les troubadours et Rita
Entre Rita et mes yeux : un fusil
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