dimanche 12 juin 2016

Si yo fuera Maradona

Je ne sais pas pourquoi..., une envie d'écouter cette chanson, et de laisser le texte en espagnol glisser de la gorge de Manu Chau vers l'air pur. Je ne sais pas pourquoi... peut-être..., non, je ne sais pas. Merci à Fabrice pour m'avoir dit pourquoi, enfin peut-être... Pourquoi pas ?


Si yo fuera Maradona
viviría como él
si yo fuera Maradona
frente a cualquier portería

si yo fuera Maradona
nunca m'equivocaría
si yo fuera Maradona
perdido en cualquier lugar.

La vida es una tómbola...
de noche y de día...
la vida es una tómbola
y arriba y arriba....

Si yo fuera Maradona
viviría con él
...mil cohetes... mil amigos
y lo que venga a mil por cien...

si yo fuera Maradona
saldría en mondovision
para gritarle a la FIFA
¡Que ellos son el gran ladrón!


La vida es una tómbola...
de noche y de día...
la vida es una tómbola
y arriba y arriba....

Si yo fuera Maradona
viviría como él
porque el mundo es una bola
que se vive a flor de piel

Si yo fuera Maradona
frente a cualquier porquería
nunca me equivocaría...

Si yo fuera Maradona
y un partido que ganar
si yo fuera Maradona
perdido en cualquier lugar...

La vida es una tómbola
de noche y de día...
la vida es una tómbola
y arriba y arriba....

dimanche 5 juin 2016

De la fidélité envers sa vraie nature

La sagesse de Confucius (551 av. JC - 479 av. JC) est souvent présentée comme issue d'une doctrine du juste milieu, frappée de bon sens. Mais si ce n'était que cela, sa philosophie aurait-elle traversé 25 siècles ? De qui, chez nous, entendra t-on encore parler dans 2500 ans ? Précisément, peut-être de quelqu'un, encore inconnu, qui s'applique à étudier et à suivre ce que Confucius a enseigné.  

Voici un des enseignements de Confucius (qui, au passage, nous permet de réviser la conjugaison des verbes à l'impératif) :

Si ceux qui occupent une position inférieure ne peuvent avoir confiance en leurs dirigeants, le gouvernement du peuple est une impossibilité.
Une seule chose rend possible la confiance en l'autorité d'un magistrat : un homme n'a t-il pas la confiance de ses amis, il ne se fiera pas lui-même à ses supérieurs.
Une seule chose rend possible la confiance des amis : si un homme n'a pas d'affection pour les siens, ses amis ne peuvent avoir confiance en lui.
Une seule chose rend possible l'amour des siens  : celui qui au fond de son cœur n'est pas fidèle à sa vraie nature, n'aura pas d'affection pour les siens.
Une seule chose rend possible la fidélité envers sa vraie nature : un homme ne peut être fidèle à sa vraie nature qu'à condition de connaître ce qui est bien.

Être fidèle à sa vraie nature, c'est la loi divine ; s'efforcer de l'être, c'est la loi humaine.
Celui qui est naturellement fidèle à sa vraie nature trouve sans effort ce qui est juste, comprend sans réfléchir longuement ce qu'il désire savoir. Sa vie se conforme sans peine et spontanément à la loi morale. Cet homme-là est un saint ou a une nature divine. Un autre s'efforce de parvenir à cette connaissance et, lorsqu'il l'a trouvée, il s'y attache fermement.

Pour apprendre à être fidèle à sa vraie nature, il faut posséder une connaissance étendue de ce qui a été dit et fait dans le monde ; puis, après l'avoir passée au crible de l'esprit critique, de la méditation et de la raison, l'appliquer sérieusement.

Ce que l'on apprend importe peu ; mais n'abandonne jamais une étude commencée avant de la dominer.
Ce que l'on recherche importe peu ; mais lorsque tu te livres à une recherche, ne l'abandonne jamais avant d'en avoir profondément pénétré l'objet.
Qu'importe le sujet de ta méditation ; mais lorsque tu as commencé, poursuis ta méditation jusqu'à ce que tu aies obtenu ce que tu désires.
Qu'importe ce que tu cherches à éclaircir ; mais lorsque tu as examiné une chose, ne l'abandonne plus que tu ne l'aies élucidée.
Qu'importe ce que tu essayes d'accomplir ; mais une fois que tu t'es proposé une tâche, n'aie pas de repos que tu ne l'aies menée à bien.
Là où un autre aura réussi d'un seul coup, il te faudra peut-être une centaine d'efforts et là où un homme aura réussi à la dixième tentative, tu ne réussiras peut-être qu'à la millième.

En procédant de la sorte, un homme lent d'esprit deviendra intelligent, un homme faible deviendra fort.

Celui qui part de son vrai moi pour parvenir à la connaissance a suivi la voie de la nature. Celui qui part de la connaissance pour aboutir à son vrai moi a suivi la voie de la culture. Celui qui est fidèle à sa vraie nature possède en même temps la connaissance et celui qui a la connaissance trouve en même temps sa vraie nature.

Extrait de "La sagesse de Confucius" de LIN Yutang (Picquier poche, 2015, p. 149), trad. de l'anglais par Th. Bridel-Wasem

dimanche 29 mai 2016

Si je pouvais de nouveau vivre ma vie...



Voici un poème écrit par Jorge Luis Borges (1899-1986) un an avant son décès. C'est un poème de sagesse, cueilli à l'occasion de la même mission de travail en Argentine. En réalité, son attribution à Borges est contestée. On en trouve des versions proches ou comparables notamment  de Don Herold et Nadine Stair, tous deux états-uniens. Voyez ces versions ici.


La maison de Borges à Buenos-Aires, dans le quartier de Palermo



Instants

Si je pouvais de nouveau vivre ma vie,
dans la prochaine je tâcherais de commettre plus d’erreurs.
Je ne chercherais pas à être aussi parfait, je me relaxerais plus.
Je serais plus bête que je ne l’ai été,
en fait je prendrais très peu de choses au sérieux.
Je mènerais une vie moins hygiénique.
Je courrais plus de risques,
je voyagerais plus,
je contemplerais plus de crépuscules,
j’escaladerais plus de montagnes,
je nagerais dans plus de rivières.
J’irais dans plus de lieux où je ne suis jamais allé,
je mangerais plus de crèmes glacées et moins de fèves,
j’aurais plus de problèmes réels et moins d’imaginaires.
 
J’ai été, moi, l’une de ces personnes qui vivent sagement
et pleinement chaque minute de leur vie ;
bien sûr, j’ai eu des moments de joie.
Mais si je pouvais revenir en arrière,
j’essaierais de n’avoir que de bons moments.
 
Au cas où vous ne le sauriez pas, c’est de cela qu’est faite la vie,
seulement de moments ; ne laisse pas le présent t’échapper.
 
J’étais, moi, de ceux qui jamais
ne se déplacent sans un thermomètre,
un bol d’eau chaude,
un parapluie et un parachute ;
si je pouvais revivre ma vie, je voyagerais plus léger.
 
Si je pouvais revivre ma vie
je commencerais d’aller pieds nus au début
du printemps
et pieds nus je continuerais jusqu’au bout de l’automne.
Je ferais plus de tours de manège,
je contemplerais plus d’aurores,
et je jouerais avec plus d’enfants,
si j’avais encore une fois la vie devant moi.
 
Mais voyez-vous, j’ai 85 ans…
et je sais que je me meurs.

Instantes
Si pudiera vivir nuevamente mi vida,
en la próxima trataría de cometer más errores.
No intentaría ser tan perfecto, me relajaría más.
Sería más tonto de lo que he sido,
de hecho tomaría muy pocas cosas con seriedad.
Sería menos higiénico.
Correría más riesgos,
haría más viajes,
contemplaría más atardeceres,
subiría más montañas, nadaría más ríos.
Iría a más lugares adonde nunca he ido,
comería más helados y menos habas,
tendría más problemas reales y menos imaginarios.
 
Yo fui una de esas personas que vivió sensata
y prolíficamente cada minuto de su vida ;
claro que tuve momentos de alegría.
Pero si pudiera volver atrás trataría
de tener solamente buenos momentos.
 
Por si no lo saben, de eso está hecha la vida,
sólo de momentos; no te pierdas el ahora.
 
Yo era uno de esos que nunca
iban a ninguna parte sin un termómetro,
una bolsa de agua caliente,
un paraguas y un paracaídas;
si pudiera volver a vivir, viajaría más liviano.
 
Si pudiera volver a vivir
comenzaría a andar descalzo a principios
de la primavera
y seguiría descalzo hasta concluir el otoño.
Daría más vueltas en calesita,
contemplaría más amaneceres,
y jugaría con más niños,
si tuviera otra vez vida por delante.
 
Pero ya ven, tengo 85 años...
y sé que me estoy muriendo.


dimanche 22 mai 2016

Salvar el equilibrio del mundo

Roberto Juarroz (1925-1995) était un poète argentin de la province de Buenos-Aires. Toute sa poésir a été publiée sous un seul et même titre : "Poesia vertical" et aucun de se poèmes n'a de titre propre. Juarroz considérait que les titres étaient des distractions sans nécessité. L'idée unique d'une poésie verticale voulait renvoyer à la transcendance présente dans tout poème.

 Et voici deux poèmes pour accompagner une mission de travail en Argentine, à Buenos-Aires, dans la pampa et à Santa Fe.

Aujourd’hui je n’ai rien fait. 
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.
Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.
Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde,
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance. 

Robert Juarroz, treizième poésie verticale, édition bilingue, traduction Roger Munier, José Corti 1993, p. 120/121

Hoy no he hecho nada.
pero muchas cosas se hicieron en mí.
Pájaros que no existen
encontraron su nido.
Sombras que tal vez existan
hallaron sus cuerpos.
Palabras que existen
recobraron su silencio.
No hacer nada
salva a veces el equilibrio del mundo,
al lograr que también algo pese
en el platillo vacio de la balanza. 


Et puis un autre...

 Inaugurer la transparence,
voir à travers un corps, une idée,
un amour, la folie,
distinguer sans obstacle l'autre côté,
traverser de part en part
l'illusion tenace d'être quelque chose.
Non seulement pénétrer du regard dans la roche
mais ressortir aussi par son envers.
Et plus encore:
Inaugurer la transparence
c'est abolir un côté et l'autre
et trouver enfin le centre.
Et c'est pouvoir suspendre la quête
parce qu'elle n'est plus nécessaire,
parce qu'une chose cesse d'être interférence
parce que l'au-delà et l'en-deçà se sont unis;
Inaugurer la transparence
c'est te découvrir à ta place

Poesia Vertical, ( IX, 37), Points - Fayard