dimanche 13 novembre 2016

See you down the road



« Longtemps, longtemps, longtemps Après que les poètes ont disparu Leurs chansons courent encore dans les rues »
C’est sans doute vrai des chansons-poèmes de Léonard Cohen (1934-2016) qui a rejoint Marianne avec laquelle il avait rendez-vous au bout du chemin.
Quelques heures avant sa mort, Marianne, qui vivait en Norvège, avait fait prévenir Léonard Cohen à Montréal où il habitait. Celui-ci, dans les heures qui ont suivi, a écrit et envoyé une dernière lettre à celle qu’il avait rencontrée quand ils avaient une vingtaine d’années et avec laquelle il a longtemps vécu. Léonard a maintenant rejoint Marianne.Voici cette dernière lettre (en français puis en anglais)






«Voilà Marianne nous sommes arrivés au point où nous sommes si vieux, nos corps tombent en lambeaux, et je pense que je te rejoindrai bientôt. Sache que je suis si près derrière toi, que si tu tends la main tu peux atteindre la mienne.
Et tu sais que j’ai toujours aimé ta beauté et ta sagesse et je n’ai pas besoin d’en dire plus parce que tu sais tout cela. Je veux seulement te souhaiter un très beau voyage. Au revoir ma vieille amie. Mon amour éternel. Rendez-vous au bout du chemin.»




“Well Marianne it’s come to this time when we are really so old and our bodies are falling apart and I think I will follow you very soon. Know that I am so close behind you that if you stretch out your hand, I think you can reach mine.
And you know that I’ve always loved you for your beauty and your wisdom, but I don’t need to say anything more about that because you know all about that. But now, I just want to wish you a very good journey. Goodbye old friend. Endless love, see you down the road.”

dimanche 6 novembre 2016

Alouette! Prends mon âme!

Federigo Tozzi (1883-1920) est un écrivain, nouvelliste, poète italien qui a notamment écrit, entre 1915 et 1917, une série de 69 fragments de proses qui ont comme point commun la présence d'un animal au cœur ou à la périphérie du récit, tantôt premier rôle, tantôt second. En réalité, ce sont presque 69 émotions que Tozzi nous présente un peu comme s'il en tenait le journal. Le premier et le dernier fragments font place à l'alouette. Ils sont l'un avec l'autre ce qui donne sens au "journal des émotions" de l'auteur. Voici le 1er fragment, pour vous inciter à découvrir par vous-mêmes les 68 autres.




Quel pourrait être le point où l'azur s'est arrêté ? Ces alouettes, qui d'abord s'y ébattent pour venir ensuite se jeter près de moi comme des folles, le savent-elles ? Fuyant, l'une d'entre elles a même rasé mes yeux, comme si elle avait pris du plaisir à se faire peur de cette façon.

Quelles clartés tranquilles par ces campagnes, qui s'étendent afin d'être mieux à leur aise! Là, quels silences, depuis l'horizon, et en moi-même!

La route pour revenir à Sienne est là. Je me mets en marche.

Que les maisons se reculent un peu, et que ce mendiant ne me tombe pas dessus. L'autre est au moins assis par terre! Mon Dieu, toutes ces maisons! Plus loin, plus loin! J'arriverai où trouver un peu de douceur!

Mon Dieu, ces maisons se jetteront sur moi! Mais une autre alouette est restée enfermée dans mon âme, et, à la recherche d'une issue, je la sens voleter en tous sens. Et je l'entends chanter.
Vers le septentrion ; où, la nuit, l'ourse se tient, là où la lune ne va jamais!

Maintenant, si moi aussi je t'aime ainsi, Ô petite alouette, cela veut dire que tu peux rester dans mon âme autant que tu le voudras ; et que tu y trouveras plus de liberté que tu n'en a vue dans l'azur. Et toi, certes, tu ne t'en iras jamais plus.

Tu ne fais pas même de l'ombre!

Nous sortons du resserré des maisons et des toits. La ville se referme toujours davantage ; les maisons sont de plus en plus vides ; et nous n'y trouverons rien pour nous.

Laissons-les, ici, ces gens qui nous mettraient moi à l'asile et toi dans une cage!

Qui tremble, tes ailes ou mon cœur ? Je crois que la mort est passée, à la recherche de sait-on qui. Oh, mais nous l'enfermerons avec les ordures, derrière l'une de ces grilles, dans une de ces ruelles sans issue! A Sienne, on trouve de ces grilles que personne n'ouvre jamais, parce qu'elles ne servent plus à rien ; au fin fond de certains jardins que personne ne cultive plus ; contre certains bâtiments inhabités.

F. Tozzi, Les Bêtes, trad Ph. Di Meo, José Corti, Biophilia, 2012

dimanche 30 octobre 2016

Viva la Libertà

Giovanni Dotoli (1942) est un poète italien contemporain. C'est un auteur prolifique qui a été professeur de langue et littérature françaises à l'Université de Bari. Célébré en France et en Italie, il
est couvert de distinctions. Ce pourrait être un mauvais signe. Mais il n'en est rien. Le grand intérêt du poème ci-dessous est qu'il est écrit par l'auteur lui-même en français et en italien. Le voici successivement dans les deux langues.



Vive la liberté

Et va la Liberté par rêves d'anciennes routes
Comme la lune chaque nuit elle traverse le ciel
Me conduit au galop par chemins d'étoiles
La main dans la main avec la Grande Ourse

M'accompagnent les anges du désert
Ils ont les ailes du vent et de l'air pur
Que de rêves là-haut derrière le soleil
Avec toi mon amour jusqu'au dernier souffle

Tu me parles d'anciens voyageurs de liberté
A cheval de blancs chevaux fiers d'aller
La poussière efface les jours de l'histoire
Dans le signe infini de la trace de Dieu

Oh! Soyons libres libres de crier
Soyons libres de dessiner des nuages
Effaçons tout reste de folie
Des hommes tyrans contre la liberté

Ayons enfin droit de pleine parole
De lire la loi dans sa pureté
Soyons tous égaux de toutes couleurs
Emigrants d'azur comme dans la mer

Vive la liberté du coeur et de l'esprit
Vive la liberté du rêve des temps
Vive la liberté d'être libre
Vive la liberté de toute liberté

Viva la Libertà

E va la Libertà per sogni di antiche rotte
Come la luna ogni notte attraversa il cielo
Mi conduce a galoppo per sentieri di stelle
La mano nella mano con l'Orsa Maggiore

Mi accompagnano gli angeli del deserto
Hanno le ali del vento e dell'aria mura
Quanti e quanti sogni lassù dietro il sole
Con te amore mio fino all'ultimo respiro

Mi parli di antichi viaggiatori di libertà
A cavallo di bianchi cavalli fieri di andare
La polvere cancella i giorni della storia
Nell'infinito segno della traccia di Dio

Ho! Siamo liberi liberi di gradare
Siamo liberi di disegnare nuvole
Cancelliamo ogni resto di follia
Degli uomini tiranni contro la libertà

Abbiamo finalmente diritto di parola piena
Di leggere la legge nella sua purezza
Siamo titti uguali di ogni colore
Emigranti d'azzurro come dentro il mare

Viva la libertà del cuore e della mente
Viva la libertà del segno dei tempi
Viva la libertà di essere liberi
Viva la libertà di ogni libertà

Voix vives de méditerranée en méditerranée - Anthologie Sète 2016, Ed. Bruno Doucey


dimanche 23 octobre 2016

Matcaci! Michel

En hommage à Michel M. qui fut un oncle, un second père, un ami bienveillant, ce poème attribué à Charlotte Néwashish-Flamand, du peuple Atikamekw du Québec.

Matcaci (Au revoir)


A ceux que j'aime et qui m'aiment
 
Quand je ne serai plus là, lâchez-moi !
Laissez-moi partir
Car j’ai tellement de choses à faire et à voir !
Ne pleurez pas en pensant à moi !

Soyez reconnaissants pour les belles années
Pendant lesquelles je vous ai donné mon amour !
Vous ne pouvez que deviner
Le bonheur que vous m’avez apporté !

Je vous remercie pour l’amour que chacun m’a démontré !
Maintenant, il est temps pour moi de voyager seul.
Pendant un court moment vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.

Nous ne serons séparés que pour quelques temps !
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur !
Je ne suis pas loin et et la vie continue !
Si vous en avez besoin, appelez-moi et je viendrai !

Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je sera là,
Et si vous écoutez votre cœur, vous sentirez clairement
La douceur de l’amour que j’apporterai !

Quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir,
Absent de mon corps, présent avec Dieu !

N'allez pas sur ma tombe pour pleurer !
Je ne suis pas là, je ne dors pas !

Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d’automne,
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l’étoile qui brille dans la nuit !

N'allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort.

dimanche 16 octobre 2016

The answer, my friend, is blowin' in the wind

Cela s'imposait de fêter un poète comme Nobel de la littérature : Bob Dylan (1941). Voici Blowin' In The Wind en anglais puis avec la traduction (un peu décevante) de ce site internet


How many roads must a man walk down
Before you call him a man?
Yes, ’n’ how many seas must a white dove sail
Before she sleeps in the sand?
Yes, ’n’ how many times must the cannonballs fly
Before they’re forever banned?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind
The answer is blowin’ in the wind

How many years can a mountain exist
Before it’s washed to the sea?
Yes, ’n’ how many years can some people exist
Before they’re allowed to be free?

Yes, ’n’ how many times can a man turn his head
Pretending he just doesn’t see?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind
The answer is blowin’ in the wind

How many times must a man look up
Before he can see the sky?
Yes, ’n’ how many ears must one man have
Before he can hear people cry?
Yes, ’n’ how many deaths will it take till he knows
That too many people have died?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind
The answer is blowin’ in the wind


 
Combien de chemins un homme doit-il marcher
Avant qu'on l'appelle un homme?
Oui, et combien de mers est-ce qu'une colombe blanche doit-elle voguer
Avant qu'elle ne dorme dans le sable
Oui, et combien de fois est-ce que les boules de canons doivent-ils voler
Avant qu'ils ne soient bannis
La réponse, mon ami, souffle dans le vent
La réponse souffle dans le vent.

Combien de fois un homme doit-il regarder vers le haut
Avant qu'il ne puisse voir le ciel?
Oui, et combien d'oreilles est-ce qu'un homme doit-il avoir
Avant qu'il ne puisse entendre les gens pleurer?

Oui, et combien de morts est-ce que ça lui prendra avant qu'il ne sache
Que trop de gens sont morts
La réponse, mon ami, souffle dans le vent
La réponse souffle dans le vent

Combien d'années une montagne doit-elle exister
Avant qu'elle ne soit entraînée par la mer
Oui, et combien d'années est-ce que certaines personnes peuvent exister
Avant qu'ils ne puissent être libres
Oui, et combien de fois est-ce qu'un homme doit-il tourner la tête
En faisant semblent de ne rien voir
La réponse, mon ami, souffle dans le vent
La réponse souffle dans le vent.

dimanche 9 octobre 2016

Our lives begin to end the day we become silent about things that matter (Martin Luther King)

Suite de la semaine dernière. Premier dimanche en image d'un (jeune) retraité..., sans commentaires. Qu'est-ce que l'avenir lui réserve ? Ou qu'est-ce qu'il se réserve comme avenir ?






dimanche 2 octobre 2016

Mes filles, je vous appelle Divines

Il y a des jours qui comptent plus que d'autres. Pour moi, le 1er octobre en sera désormais un.
Pour quel avenir ? Voici ce qu'écrivait Xavier Grall (1930-1981) à ses filles, dans un livre posthume (écrit en 1969-1970 et publié chez Calligrammes en 1984) qui s'intitule "L'inconnu me dévore" et qui commençait ainsi : "Mes filles, je vous appelle Divines". Ce livre était, pour Xavier Grall, comme son testament spirituel.

En voici un bref extrait, en  espérant que Xavier Grall me pardonnera de l'avoir détourné de son contexte, mais qui résonne en ce 1er octobre où l'inconnu me dévore...

Je retrouverai ma chaumière. J'entretiendrai les feux. J'écrirai. J'entretiendrai les feux. Je composerai une élégie aux haies, aux hirondelles, aux fagots, aux flammes. Le vent agitera mes rideaux. Je mangerai mon pain. Je ferai ma tâche. Je résiderai dans mon oubli. Je parlerai aux murs des péchés anciens. Les saints m'absoudront par les bons soins d'Octobre. Puis, mes Divines viendront. Elles parleront aux chardons de Kersidan. Et elles se baigneront dans la pitié de la mer. Je ne serai pas heureux, je ne serai pas malheureux. L'humilité est le commencement du salut. Je serai celui qui en est revenu. Je me composerai des calmes et des silences. Je ferai mes prières du soir. Je dirai la fontaine, le varech. Mon Occident de raison...


dimanche 25 septembre 2016

La nuit je mens

Alain Bashung (1947-2009) disait qu'il aurait bien aimé arriver à la cheville de Léo Ferré. C'est vrai qu'en écoutant le premier, on pense au second. Mais Bashung a des textes qui en font un poète à part entière. Le texte qui suit est en réalité c o-écrit avec Jean Fauque qui a été son principal parolier. La chanson évoque le surréalisme. Elle parle de la collaboration et de la résistance. Elle est tirée du CD "Fantaisie militaire", paru à la fin des années 90. On peut voir une courte vidéo dans laquelle  Jean Fauque raconte "La nuit je mens". Et aussi bien sûr, ci-dessous, la chanson interprétée par Bashung.




La nuit je mens

On m'a vu dans le Vercors
Sauter à l'élastique
Voleur d'amphores
Au fond des criques
J'ai fait la cour à des murènes
J'ai fait l'amour
J'ai fait le mort
T’étais pas née
A la station balnéaire
Tu t'es pas fait prier
J’étais gant de crin, geyser
Pour un peu, je trempais
Histoire d'eau

La nuit je mens
Je prends des trains à travers la plaine
La nuit je mens,
Je m'en lave les mains.
J'ai dans les bottes des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho.

J'ai fait la saison dans cette boite crânienne
Tes pensées, je les faisais miennes
T'accaparer, seulement t'accaparer
D'estrade en estrade j'ai fait danser tant de malentendus
Des kilomètres de vie en rose
Un jour au cirque un autre a chercher à te plaire
Dresseur de loulous,
Dynamiteur d'aqueducs

La nuit je mens
Je prends des trains a travers la plaine
La nuit je mens
Effrontément
J'ai dans les bottes des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho.

On m'a vu dans le Vercors sauter à l'élastique
Voleur d'amphores au fond des criques
J'ai fait la cour à des murènes
J'ai fais l'amour, j'ai fait le mort
T'étais pas née

La nuit je mens
Je prends des trains à travers la plaine
La nuit je mens, je m'en lave les mains.
J'ai dans les bottes des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho.

La nuit je mens
Je prends des trains à travers la plaine
La nuit je mens, je m'en lave les mains.
J'ai dans les bottes des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho

dimanche 18 septembre 2016

Petit pays, je t'aime, ça j'en suis sûr

Gaël Faye (1982) est né au Rwanda, d'une mère Tutsi et d'un père français. C'est au Burundi que sa famille se réfugie lorsque, en 1994, survient le génocide au Rwanda. Puis la famille émigre en France jusqu'à ce que Gaël Faye, qui commence une carrière de Hip Hop / Slam, décide de revenir au Rwanda avec sa femme et ses deux filles, pour renouer avec son pays natal et essayer de comprendre ce qui s'est passé. Il vient de publier un livre qui s'intitule "Petit pays", aux éditions Grasset (août 2016).


Petit pays
 


Une feuille et un stylo apaisent mes délires d'insomniaque
Loin dans mon exil, petit pays d'Afrique des Grands Lacs
Remémorer ma vie naguère avant la guerre
Trimant pour me rappeler mes sensations sans rapatriement
Petit pays je t'envoie cette carte postale
Ma rose, mon pétale, mon cristal, ma terre natale
Ça fait longtemps les jardins de bougainvilliers
Souvenirs renfermés dans la poussière d'un bouquin plié
Sous le soleil, les toits de tôles scintillent
Les paysans défrichent la terre en mettant l'feu sur des brindilles
Voyez mon existence avait bien commencé
J'aimerais recommencer depuis l'début, mais tu sais comment c'est
Et nous voilà perdus dans les rues de Saint-Denis
Avant qu'on soit séniles on ira vivre à Gisenyi
On fera trembler le sol comme les grondements de nos volcans
Alors petit pays, loin de la guerre on s'envole quand ?


Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Warapfunywe ntiwapfuye
Waragowe ntiwagoka
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya


Petit bout d'Afrique perché en altitude
Je doute de mes amours, tu resteras ma certitude
Réputation recouverte d'un linceul
Petit pays, pendant trois mois, tout l'monde t'a laissé seul
J'avoue j'ai plaidé coupable de vous haïr
Quand tous les projecteurs étaient tournés vers le Zaïre
Il fallait reconstruire mon p'tit pays sur des ossements
Des fosses communes et puis nos cauchemars incessants
Petit pays : te faire sourire sera ma rédemption
Je t'offrirai ma vie, à commencer par cette chanson
L'écriture m'a soigné quand je partais en vrille
Seulement laisse-moi pleurer quand arrivera ce maudit mois d'avril
Tu m'as appris le pardon pour que je fasse peau neuve
Petit pays dans l'ombre le diable continue ses manœuvres
Tu veux vivre malgré les cauchemars qui te hantent
Je suis semence d'exil d'un résidu d'étoile filante

Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Warapfunywe ntiwapfuye
Waragowe ntiwagoka
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya


Un soir d'amertume, entre le suicide et le meurtre
J'ai gribouillé ces quelques phrases de la pointe neutre de mon feutre
J'ai passé l'âge des pamphlets quand on s'encanaille
J'connais qu'l'amour et la crainte que celui-ci s'en aille
J'ai rêvé trop longtemps d'silence et d'aurore boréale
À force d'être trop sage j'me suis pendu avec mon auréole
J'ai gribouillé des textes pour m'expliquer mes peines
Bujumbura, t'es ma luciole dans mon errance européenne
Je suis né y'a longtemps un mois d'août
Et depuis dans ma tête c'est tous les jours la saison des doutes
Je me navre et je cherche un havre de paix
Quand l'Afrique se transforme en cadavre
Les époques ça meurt comme les amours
Man j'ai plus de sommeil et je veille comme un zamu
Laissez-moi vivre, parole de misanthrope
Citez m'en un seul de rêve qui soit allé jusqu'au bout du sien propre

Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Warapfunywe ntiwapfuye
Waragowe ntiwagoka
Gahugu gatoyi

Gahugu kaniniya

Petit pays
Quand tu pleures, je pleure
Quand tu ris, je ris
Quand tu meurs, je meurs
Quand tu vis, je vis
Petit pays, je saigne de tes blessures
Petit pays, je t'aime, ça j'en suis sûr


Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Warapfunywe ntiwapfuye
Waragowe ntiwagoka
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya